lundi 16 avril 2012

~ Téléphone rose, Richard Bausch

telephone roseLu par Mr :

Trois nouvelles sont regroupées dans cette édition Folio. J'ai adoré la première mais moins apprécié les deux autres.

"Téléphone rose" m'a beaucoup amusé. Ce récit relate la conversation téléphonique entre un homme seul et la femme qui lui répond au numéro payant d'un téléphone rose. L'humour de cette nouvelle est d'autant plus efficace que l'auteur n'y est jamais vulgaire et qu'il fait preuve d'une grande finesse d'analyse de ses personnages. Cette nouvelle se prêterait parfaitement à une adaptation théâtrale puisqu'elle ne comporte que des dialogues.

La seconde nouvelle, intitulée "La femme du pompier" raconte le quotidien d'une femme dont la vie conjugale est dégradée. L'analyse des situations dans cette nouvelle est également fine mais mon intérêt pour elle a été nettement moindre que pour la précédente, en l'absence de traits d'humour.

"L'homme qui a connu Belle Starr" est l'histoire d'une courte rencontre entre un homme et une femme qu'il a prise en auto-stop, tous deux paumés, mais à des degrés finalement très différents. Entre bien et bof...

L'avis de Canel.

Téléphone rose, Richard Bausch, Gallimard, Folio 2 €, septembre 2011, 112 p.

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samedi 10 mars 2012

~ La pensée, Léonide Andréiev

la penséeLu par Mr :

En 1900, le médecin Anton Kerjentsev est interné dans un établissement psychiatrique, pour observation après un assassinat qu'il a commis un mois plus tôt.

Cette nouvelle est constituée du mémoire que l'assassin rédige à l'attention des experts qui doivent se prononcer sur son état mental au moment des faits. Kerjencsev y dévoile peu à peu les pensées qui l'ont animé, non seulement au moment de son geste mais aussi longtemps auparavant. Son mémoire aidera-t-il les experts à statuer sur son cas ?

L'omniprésence des pensées introspectives du personnage principal et narrateur m'a beaucoup rappélé le personnage de Raskolnikov de Crimes et châtiments, d'ailleurs cité dans la nouvelle. Ce récit est cependant beaucoup plus court, plus direct, et plus clair que le roman de Dostoïevski, malgré des pensées là aussi très tortueuses.

Une nouvelle originale, malgré cette impression d'imitation. Je relirai volontiers d'autres nouvelles de cet auteur, pour m'en faire une idée plus précise (alors que je n'ai pas pu terminer Crimes et châtiments, qui comporte trop de longueurs à mon goût).

La pensée, Léonide Andréiev, Ombres, novembre 1998, 92 p.

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mardi 6 mars 2012

~ Vert cruel, Yann Queffélec

vert cruelUn père complètement azimuté, dangereux pour les autres avec ses armes, et pour lui-même avec sa batterie de tranquillisants dont il dépasse allègrement les doses prescrites. Présentateur TV viré, il décide de se mettre au vert avec sa femme, leur ado de 15 ans et leur fille de 10 ans. On bazarde les véhicules, tout ce qui est électrique et facilite le quotidien, et on cultive des algues bleues - c'est, paraît-il, l'avenir. Ses proches admirent la beauté des lieux, certes, mais regrettent la ville, son confort et ont surtout la frousse car le paternel a la colère redoutable.
 
Un court roman-clin d'œil aux citadins qui se recyclent en mode écolo - et qui tiennent plus ou moins longtemps à ce rythme. Le thème étant abondamment traité sous toutes les formes littéraires (BD, roman, essai… pour le porno, voir auprès de blogo-expertes, j'ai quelques noms ), chaque nouvel ouvrage sur la question a désormais tout intérêt à sortir de l'ordinaire pour captiver son lecteur. Un chouïa d'humour ici, mais le personnage du père est tellement flippant que j'ai plutôt ri jaune. Un peu trop léger, ou comme qui dirait bâclé...
 
Un auteur dont je relirai Les noces barbares, livre fort, percutant.
 
Pensif = 11/20 -  Horloge  02-03 mars - souvenir d'un aprèm avec Lasardine, acheté pour le challenge 2 € de Cynthia !
 
Vert cruel, Yann Queffélec, J'ai Lu, Librio, septembre 2009, 74 p.

Challenge petit Bac de Enna, catégorie Couleur

challenge pt bac vert2

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mardi 14 février 2012

~ Téléphone rose, Richard Bausch

telephone_roseLa Saint-Valentin approchant, j'ai cherché un petit livre croustillant à me mettre sous la dent, et à présenter ici. Pas question de me servir parmi les swapo-cadeaux de Mara, la surprise doit rester intacte jusqu'à demain (1er billet le 16/02).

Bref, le titre Téléphone rose me semblait annonciateur de s3xe, de coquineries, à tout le moins. Rien de tout cela, rien de rose dans ce recueil de nouvelles, mais bien mieux... ou en tout cas différent.

- Le téléphone rose dont il est question dans la première nouvelle, est en fait, pour un homme récemment divorcé, une sorte de 'SOS amitié', pour se livrer, s'épancher, mais surtout pas pour prendre son pied. Chaque nouvel assaut suggestif de l'hôtesse l'intimide, il fait diversion et c'est elle qui se retrouve gênée de devir endosser ce rôle inhabituel d'écoute et de soutien psychologique...

- La femme du pompier n'est pas heureuse, son mari et ses copains fans de modélisme la fatiguent, l'amie enceinte lui répugne vaguement. Sa vie lui semble étriquée... mais...

- L'homme qui a connu Belle Star sort de prison avec quelques milliers de dollars en poche. Où va-t-il ? Comment compte-t-il redémarrer ? Il n'est pas au bout de ses surprises en faisant monter à bord de sa voiture une jeune auto-stoppeuse qui se croit dans un road-movie... Ambiance 'Nouveau-Mexique' assurée.

Trois nouvelles sombres, donc, parfaitement écrites, denses et prenantes, sur la lose, le désamour, les désillusions, la solitude...

Téléphone rose, Richard Bausch, Gallimard, Folio 2 €, septembre 2011, 112 p.

Challenge petit Bac de Enna, catégorie Objet + couleur ?

challenge pt bac vert2

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dimanche 15 janvier 2012

~ Par coeurs, Dominique Dyens

Détails sur le produit     Lu par Mr :

Des nouvelles sous la forme de témoignages de lycéens de seconde, garçons et filles, à propos de leur vision de l'amour idéal. Leur ton est juste et, pour le lecteur extérieur que j'étais, souvent plein d'humour.

Un très agréable moment de lecture pour moi. Canel est tout aussi enthousiaste.

Par coeurs, Dominique Dyens, Thierry Magnier Editions, Collection Nouvelles, octobre 2011, 129 p.

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mardi 3 janvier 2012

~ Des petits riens au goût de citron, Régine Detambel

petits riens goût citronCette collection de Thierry Magnier est une mine de pépites. Elle propose des recueils de nouvelles pour grands ados, à savourer aussi à l'âge adulte.

Ici, Régine Detambel visite divers sentiments  et préoccupations de lycéens : l'amour, les secrets de famille, le poids des non-dits, le mal-être, le harcèlement, l'ennui, la musique, l'amitié, les envies de liberté. Pas de grands drames, rien de spectaculaire, des tranches de vie rafraîchissantes et/ou acides, bref, effectivement juste "des petits riens au goût de citron".

Un plaisir de lecture, beaucoup de situations bien vues. J'ai déploré le ton peut-être un chouïa trop sage, la banalité des récits car j'ai - bêtement ! - comparé avec ma récente lecture de Pas folle la guêpe  et Quelle mouche nous pique, de Hervé Giraud, dans cette même collection, deux recueils incisifs et souvent très amusants. 

Des petits riens au goût de citron, Régine Detambel, Editions Thierry Magnier, coll. 'Nouvelles', janvier 2008, 172 p. 

Extraits :

" Ma mère ne comprend pas ce dont j'ai besoin. Bien sûr, je ne manque de rien à la maison, mais justement, j'ai l'impression parfois que mes parents m'achètent, en ne me privant de rien, pour que je n'aie pas envie de quitter la cage dorée dans laquelle ils m'enferment. "  (p. 38)

" Chaque matin, elle s'accrochait un quart d'heure à ses draps et se levait enfin en pleurant comme si elle craignait de ne pouvoir affronter ce nouveau jour, et tout cela pour une banale histoire de mecs qui la suivaient comme une piste et lui avaient un peu enfoncé les doigts dans la chair du dos et des cuisses. "  (p. 92)

" Je serais un morceau de pâte malléable qu'elle allongerait ou réduirait. Je ne pourrais plus jouir d'un instant de repos. Elle ne cesserait de me détruire et de me recomposer, et de me poursuivre, infatigablement. C'est un peu compliqué, mais je ne trouve pas de mots plus simples pour définir l'amour. "  (p. 112)

" Le dimanche après-midi, mon père m'emmenait en promenade. Ma mère ne voulait pas l'accompagner parce que dimanche après-midi est le temps du ménage, du repasssage et de la tristesse du lendemain. "  (p. 164)

Challenge petit Bac de Enna, catégorie Végétaux (1)

challenge pt bac vert2

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jeudi 10 novembre 2011

~ Quelle mouche nous pique ? - Hervé Giraud

quelle moucheMais oui, quelle mouche vous pique, en effet, les ados, pour que vous changiez si vite d'aspect ? Tour à tour rigolos, odieux, étonnamment mûrs, puérils, affectueux, impitoyables, bornés, etc.

Ce petit ouvrage est présenté comme un recueil de nouvelles. Il s'agit plutôt de chroniques autour d'un collégien de troisième et de son univers : les boums, le prof d'allemand, la petite amie qu'on n'assume pas "en plein jour", les vacheries entre copains, le cousin rigolo...

A l'instar des humeurs adolescentes, le ton est assez inégal mais cette lecture est globalement un régal. Beaucoup d'observations bien vues et d'humour. Un fond de pessimisme aussi : la mort, la moquerie, la cruauté, l'ennui, la peur, les amours impossibles... Précisément parce que c'est une période difficile.

A découvrir, ce presque grand (14-15 ans) "petit Nicolas", si vous êtes ado ou parent de... Pour les autres, c'est sûrement très bien aussi, mais vous jubilerez moins, je pense. Quant aux grands-parents, même pas la peine d'essayer d'ouvrir le débat là-dessus avec eux :

1/ ils ne connaissent que la face 'angelot' de votre exemplaire... à force de re-re-feuilleter les albums-photos des premières années ?

2/ ils vous serviront une ineptie désagréable du genre : 'Ne me dis pas que tu as oublié que tu étais pire !?' ou : 'Forcément, avec tout ce qu'ils ont maintenant...'.

Au choix, ou les deux...

Sourire éclatant + Pouce levé = 4,5/5  -  Horloge  sur quelques jours dans le bus

Quelle mouche nous pique ? - Hervé Giraud, Editions Thierry Magnier, 2010, 183 p.

Extraits :

"Je suis devenu le mec qui est sorti avec Vishnou, et ça fait marrer tout le collège, sauf moi. Elle est trop vieille pour moi, trop moche, trop la tête tordue, trop étrangère, trop mal fringuée. Les jours passent, les semaines aussi. J'essaie de croiser Visnia dans les couloirs ou dans la cour ou n'importe où, mais il y a toujours du monde dans les parages et je suis incapable de dépasser la honte que les autres me collent en me répétant sans cesse qu'à défaut de grive, on attrape des merles. Je n'approche plus jamais Visnia, ni ne l'embrasse, ni même lui parle. Elle-même finit par faire comme si on ne se connaissait pas. J'en meurs d'envie mais le jugement des autres s'insinue en moi et me rend lâche. La liberté est ce que l'on en fait. "  (p. 22-23)

"Eyup s'est branché sur les mangas que sa nouvelle famille faisait venir d'Asie par tombereaux entiers et nous a transmis le virus. Même si c'était écrit en japonais, on en lisait des tonnes, on est devenus gravement accros. Lorsque la prof de français nous a demandé de lire  La Princesse de Clèves, Joseph l'a lue en entier en commençant par la fin. Pour le fun."  (p. 37-38)

"  - Tu dessines vachement bien les b!tes, je dis à Joseph.
- C'est mon cousin qui m'a montré.
- Ton cousin qui est en prison ?
- Non, celui qui est à la maternelle."  (p. 98)

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samedi 20 août 2011

~ Le meurtre, John Steinbeck

le meurtreDans ce petit recueil, quatre nouvelles courtes, initialement publiées dans La grande vallée.

Les deux premières évoquent le couple et l'ambivalence des sentiments conjugaux : adultère/jalousie, respect/trahison, domination/soumission.

Dans le troisième récit, qui flirte avec le fantastique, on retrouve avec plaisir un clône du Doc (cf. Tendre jeudi et Rue de la Sardine). Une vieille femme semble prendre un plaisir malsain à contempler la souffrance animale. Mais quid des expériences sur "nos amies les bêtes", telles que les pratique ce biologiste !?

Ambiance paysages de rêve et "cow-boy" embusqué dans la nature avec la quatrième nouvelle - tout ce que j'aime, autant dire que j'ai survolé.

 *  *  *

La plume de Steinbeck me réjouit aussi bien dans ses nouvelles que dans ses romans, courts ou très étoffés (La perle  et A l'Est d'Eden  m'avaient beaucoup plu). C'est toujours aussi agréable de retourner à Salinas en bord de mer, à Monterey, de retrouver son talent de conteur, ses intrigues, ses personnages si touchants et leurs interactions...

3,5 pour les 3 premières, 1,5 pour la quatrième -  Horloge  18-20/08

Le meurtre et autres nouvelles, John Steinbeck, traduction de Marcel Duhamel et Max Morise, Gallimard, Folio 2, janvier 2009, 122 p.

Merci à Cynthia qui m'a fait sortir ce petit ouvrage de ma PAL, merci à Manu de nous avoir rejointes !

lecteur   lecteur   lecteur

Hop, contribution au challenge 2 € de Cynthia, mais je ne sais plus à combien j'en suis ! je continue néanmoins, encore un bon stock dans ma PAL.

CHALLENGE 2 EUROS

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mardi 26 juillet 2011

~ Une vie à coucher dehors, Sylvain Tesson

tesson2Lu par Mr :

Présentation de l'éditeur :  En Sibérie, dans les glens écossais, les criques de l'Egée ou les montagnes de Géorgie, les héros de ces quinze nouvelles ne devraient jamais oublier que les lois du destin et les forces de la nature sont plus puissantes que les désirs et les espérances. Rien ne sert à l'homme de trop s'agiter dans la toile de l'existence, car la vie, même quand elle ne commence pas très bien, finit toujours mal. Et puis une mauvaise chute vaut mieux qu'une fin insignifiante.

Ayant découvert cet auteur par un récit de voyage que j'avais apprécié (L'axe du loup), je restais dubitatif sur son don pour écrire des nouvelles tant ces genres me semblent différents.

J'ai été agréablement surpris : les histoires et leurs contextes sont variés, les décors vite et bien plantés. Les chutes ont le mérite d'être à la fois originales et empreintes d'humour noir.

Merci Canel !

Une vie à coucher dehors, Sylvain Tesson, Gallimard, Folio, octobre 2010, 205 p.

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dimanche 3 juillet 2011

~ Nuits de noces, Astrid Eliard

nuits nocesSix femmes d'origine modeste, leurs états d'âme lors de cette nuit bien particulière qui suit la cérémonie nuptiale.

Qu'attend-on d'une nuit de noces, dans une société où la sexualité hors-mariage est admise et donc généralement librement vécue ? Très certainement des moments inoubliables pour "marquer le coup".

Ce petit recueil en donne six exemples. N'attendez pas d'être émoustillé entre ces pages, ces nuits sont froides, voire carrément glauques et les frissons n'ont pas grand chose d'érotique. Entre une araignée monstrueuse, un vieil époux qui ne fonctionne qu'au Viagra, la menace d'une rupture d'anévrisme, une femme frigide, une cicatrice répugnante, Astrid Eliard a le don de nous mettre mal à l'aise, mais non sans humour ! Une lecture plaisante.

PS : j'aime beaucoup la couverture, un couple allongé, certes, mais aussi une chute, comme des espoirs déçus... ou, comme le suggère judicieusement Lystig en comm, "comme si le décor s'effondrait dès le gâteau de mariage" !

Avis : 3 - Horloge  du 30 juin au 2 juillet

Nuits de noces, Astrid Eliard, J'ai Lu, janvier 2011, 123 p.

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