mardi 7 septembre 2010

~ Vivement l'avenir, Marie-Sabine Roger

roger2Vivement l'avenir est un roman polyphonique où alternent les voix d'une jeune trentenaire, Alex, et de Cédric, chômeur de vingt-huit ans vivant chez ses parents. Alex est locataire de Marlène et Bertrand. Lorsqu'elle ne travaille pas, la jeune femme s'occupe du frère handicapé de Bertrand, Gérard/Roswell. Tout ce petit monde évolue dans un "coin perdu", à proximité d'une volaillerie puante. Les uns rêvent de gagner plus d'argent pour voyager, d'autres de se trouver une passion. Pas mal de bière, de vin, mais de l'amitié aussi, pour voir la vie en rose, ou tout au moins pour oublier un peu qu'elle est grise...

De scénario classique (certaines ficelles évoquent Ensemble c'est tout, Happy Birthday Grand-Mère, La tête en friche), ce roman est très plaisant à lire, plein de jeux de mots et d'humour. Hélas, on n'évite pas certaines phrases toutes faites, certains poncifs, pas mal de clichés, et l'histoire reste gentillette et pleine de bons sentiments. Je trouve Marie-Sabine Roger plus créative et plus corrosive dans ses recueils de nouvelles, et c'est vraiment comme ça que je la préfère (cf. Il ne fait jamais noir en ville, et surtout Les encombrants).

Merci, Clara, de faire voyager ce livre ! je bougonne (tu me connais clin_d_oeil) mais j'ai passé de bons moments !

Vivement l'avenir, Marie-Sabine Roger, Editions du Rouergue, La Brune, août 2010, 301 p.

Challenge 1% de la rentrée littéraire de Schlabaya : 6/7

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Posté par Canel à 18:30 - - Commentaires [9] - Rétroliens [0]


~ Vie et mémoires authentiques (1786-1836), David Crockett

crockettLu par Mr :

Dans la première partie de l'ouvrage, l'éditeur (Taillandier) consacre près de 50 pages à présenter des éléments de la biographie de David Crockett, d'abord trappeur puis parlementaire, en les resituant dans leur contexte historique. La lecture de cette première partie du livre, intéressante, est indispensable à la compréhension de l'autobiographie proprement dite, laquelle figure en seconde partie de l'ouvrage.

Cette préface permet en effet de comprendre la façon dont David Crockett s'est représenté dans son récit (ou s'y est fait représenter par celui qui l'a rédigé pour lui). Ainsi, les finalités électoralistes de ce récit (David Crockett envisageait sa candidature à la présidence du pays) expliquent certaines entorses à la réalité et que des périodes ou aspects de sa vie y sont particulièrement développés au détriment d'autres. Par exemple, à travers ses exploits guerriers - très présents dans l'autobiographie -, c'est son patriotisme que David Crockett soulignait, trait de caractère que lui permettait en revanche peu de mettre en avant son expérience de trappeur, moins présente dans le récit.

Je n'ai guère apprécié le personnage mais ai trouvé un intérêt d'ordre historique à son récit, et surtout à la préface qui le précède, en ce qu'il illustre la création de la nation des Etats Unis, notamment sa colonisation. L'image qui a ensuite été forgée de ce personnage (cf. le film "Alamo" avec J. Wayne) est sans doute très éloignée de la réalité, même si David Crocket est bien décédé à l'occasion de cette bataille en 1836.

Vie et mémoires authentiques (1786-1836), David Crockett, Editions Taillandier, Collection Texto, 2010, 214 p.

Posté par Canel à 15:06 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
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~ Les mauvaises gens : Une histoire de militants - Etienne Davodeau

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Etienne Davodeau a minutieusement interrogé Maurice et Marie-Jo, un couple de militants catholiques nés en 1942 dans les Mauges (Maine-et-Loire). Cela donne cet excellent album, véritable documentaire où l'on suit la vie d'ouvriers engagés en milieu rural et catholique, de la Libération à l'élection de Mitterrand en 1981. C'est passionnant et on apprend beaucoup sur l'essor de la JOC et du militantisme, sur l'inquiétude du Vatican par rapport aux prêtres ouvriers, sur la vie en usine durant les "trente glorieuses", et plus généralement sur le nord-ouest rural (très imprégné de religion, et où l'alcoolisme fait des ravages). Cela m'a d'autant plus captivée que mes parents, de la même génération que Maurice et Marie-Jo, sont issus de ce milieu et de cette région...

Les mauvaises gens : Une histoire de militants - Etienne Davodeau, Delcourt, Ancrages, août 2005, 183 p.

Etienne Davodeau est également l'auteur de Lulu femme nue : ici et .

Un extrait de Julien Gracq cité par l'auteur : "J'attribue à cette ascendance vendéenne mon caractère casanier, ma méfiance vis à vis des figures inconnues, le conservatisme figé de mes habitudes, le confinement dans un cercle de relations étroit, surtout familial, le goût de dire non. Bref ce "laissez-moi tranquille dans mon coin et passez au large" (...)" (p. 10). Tout pareil, vous voilà prévenus !

Cet album m'a fait penser à trois excellents romans évoquant cette période, bien que dans des registres différents.

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Posté par Canel à 10:28 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
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