mercredi 28 juillet 2010

~ Cadres noirs, Pierre Lemaitre

cadres_noirsAlain Delambre a cinquante-sept ans. Ancien cadre en ressources humaines, il cumule les boulots d'appoint depuis quatre ans. Une altercation avec un de ses responsables lui fait perdre son poste principal. Malgré son âge, il se retrouve miraculeusement en lice pour un nouvel emploi de DRH, mais les conditions de recrutement s'avèrent pour le moins perverses...

Très rapidement la tension monte pour le lecteur, a fortiori si on connaît l'auteur. On a en effet appris avec lui à se méfier des premières apparences, chat et souris ont tôt fait d'intervertir les rôles. Qu'en sera-t-il ici ? Pierre Lemaitre nous tient en haleine avec cette question durant une première partie un peu lente. Puis les coups de théâtre s'enchaînent, sur fond de critique du monde du travail, des techniques de recrutement, et de l'entreprise où l'argent prime sur le respect de la dignité humaine... Un bon thriller habile et machiavélique d'un auteur qui a le mérite de changer complètement d'univers à chaque roman - ce n'est pas si fréquent dans ce registre !

PS : attention, dernière heure de lecture en apnée...

Un grand MERCI, Lasardine, pour ce prêt à long terme.

Avis : 15/20

Cadres noirs, Pierre Lemaitre, Calmann-Lévy, février 2010, 349 p.

De cet auteur, j'avais beaucoup aimé Travail soigné, malgré des passages très gore... Robe de marié m'avait à la fois captivée et déçue...

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mardi 27 juillet 2010

~ L'Origine de la violence, Fabrice Humbert

humbert2Professeur de lettres dans un lycée franco-allemand, le narrateur accompagne ses élèves à Buchenwald. Lors de cette visite, il est frappé par la photo d'un déporté qui ressemble étrangement à son père. Il enquête sur cet homme, David Wagner, et parallèlement sur l'histoire de sa propre famille. Ses recherches le confrontent à l'horreur de la Shoah, et à son propre rapport à la violence...

J'ai découvert L'origine de la violence il y a un an, je l'ai relu dans le cadre du prix des lecteurs Livre de Poche. J'ai retrouvé le même plaisir de lecture lorsque le narrateur fouille dans le passé familial... puis le même choc quand il est question de Buchenwald. Fabrice Humbert traite de l'horreur des camps sans fard, il nous livre des faits bruts, atroces. Ce faisant, il s'interroge sur la violence, le sadisme sans bornes des bourreaux. Plus diluée, éparpillée, la deuxième partie du roman m'a moins convaincue : l'auteur y développe des réflexions sur le nazisme (et là j'ai trouvé des longueurs), il revient également sur l'histoire familiale des Fabre - adultère, relations père-fils, identité et filiation... En dépit de ces quelques réserves, cet ouvrage reste pour moi un récit intense, révoltant, bouleversant, sur la Shoah et la violence humaine...

Mon avis en 2009. Je vois qu'il n'a pas changé.

L'Origine de la violence, Fabrice Humbert, LGF, Le Livre de Poche, avril 2010, 341 p.

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lundi 26 juillet 2010

~ Les croissants du dimanche, Annie Saumont

saumont3Autant je m'étais régalée avec Un soir à la maison, autant j'ai lu ce recueil sans enthousiasme, sans émotions particulières, malgré des thèmes parfois graves (père en prison, père alcoolique...). Les débuts sont souvent confus, énigmatiques, le style parfois hachuré rend la lecture pénible... Une seule nouvelle a retenu mon attention : "Brocolis", où j'ai retrouvé l'humour que j'apprécie chez cette auteur.

Recueil morne, décevant...

Avis : 2

Les croissants du dimanche, Annie Saumont, Pocket, juin 2010, 120 p.

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J'aime un pays, Kent

Eh oui, cette chanson a déjà vingt ans...

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dimanche 25 juillet 2010

Les ricochets

Taguée par Cynthia, merci ! ce tag consiste à faire défiler sa playlist musicale en lecture aléatoire et en faisant apparaître les titres sélectionnés en regard des questions suivantes. 

Encore une fois, je triche, je mets les titres des deux albums que j'écoute en boucle depuis près d'un an (Soan et Da Silva, pardi !), et je choisis leur place. Je me réfère aux titres et non aux contenus des chansons. Je ne commente pas, c'est souvent énigmatique, comprenne qui pourra, hihi !

Si quelqu'un vous dit "est-ce que c'est bien ?", vous dites : Puisque rien

Comment vous décririez-vous ? The storm
Qu'est-ce que vous aimez chez un garçon ? Next time
Comment vous sentez-vous maintenant ?
En chemin (pour nulle part, dit Soan)
Quel est votre but dans la vie ?
La moisson
Que pensent vos amis de vous ?
Monster ? La tendresse des fous ?
Que pensent vos parents de vous ?
Monster ?
A quoi pensez-vous souvent ?
Les plus belles lettres
Qu'est-ce que 1+1 ?
Les inséparables
Que pensez-vous de votre meilleur(e) ami(e) ?
Le carnaval
Quelle est l'histoire de votre vie ?
La route
Que pensez-vous lorsque vous voyez la personne que vous aimez ?
Les inséparables
Que jouera-t-on à vos funérailles ?
Next time
Quel est votre hobby ?
Les plus belles lettres
Quelle est votre plus grande peur ?
Séquelles

Quel est votre plus grand secret ?

Quel titre allez-vous donner à ce billet ? Les ricochets

Que pensez-vous de vos amis ? Les inséparables
Quelle est la chanson de votre vie ?
Les plaines
Qu'est-ce qui vous décrit ? The storm

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~ Variations énigmatiques, Eric-Emmanuel Schmitt

schmitt2    fait_main

Misanthrope, "tyrannique, prétentieux, insupportable" (p. 153) - et prix Nobel de littérature - l'écrivain Abel Znorko vit reclus sur une île au large de la Norvège. Il reçoit la visite d'un journaliste, Erik Larsen. Hostile et très réticent à se livrer, Znorko refuse pourtant que Larsen parte, car il a une mission à lui confier. C'est là qu'on en apprend davantage sur l'auteur et son dernier ouvrage épistolaire, L'amour inavoué...

Quel talent, Eric-Emmanuel Schmitt ! Cette magnifique pièce explore avec génie les thèmes de la création littéraire, de l'amour et de l'intimité du couple, de la passion... Il y est également question de la maladie d'un proche, de la douleur du deuil... Un grand moment riche en surprises, qui fait réfléchir et frissonner d'émotion.

Avis : 18/20

"Variations énigmatiques" (p. 125-200) in Théâtre 2, Eric-Emmanuel Schmitt, LGF, Le Livre de Poche, 1995, 312 p.

Trois autres pièces brillantes : Le Libertin, Le Visiteur, et Petits crimes conjugaux.

Extraits :

"Quand une page sonne authentiquement, elle ne le doit pas à la vie mais au talent de son auteur. La littérature ne bégaie pas l'existence, elle l'invente, elle la provoque, elle la dépasse (...)" (p. 138)

La vie de couple, par opposition aux passions éphémères : " Le courage ! Le courage de s'engager, de faire confiance. Le courage de n'être plus un homme rêvé mais un homme réel. Savez-vous ce que c'est, l'intimité ? Rien d'autre que le sentiment de ses limites. Il faut faire le deuil de sa puissance, et il faut montrer ce petit homme-là sans baisser les yeux. Vous, vous avez évité l'intimité pour ne jamais vous cogner à vos limites." (p. 174)

"Ce qu'il y a de plus terrible dans une agonie (...) c'est qu'on perd l'être qu'on aime bien avant qu'il ne meure. On le voit se rapetisser dans les draps, s'alourdir d'un poids d'angoisses tues, se replier dans un secret inaccessible, on voit ses yeux errer dans des mondes dont il ne dit plus rien." (p. 182).

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~ Cinq matins de trop, Kenneth Cook

kenneth_cooksmiley_id1464811  Encore une 4e de couv trop explicite, à éviter donc si vous aimez découvrir vos livres en les lisant !

Six semaines de vacances estivales pour John Grant, jeune instituteur dans l'Outback, au coeur de l'Australie. Il passe une nuit à Bundanyabba avant de prendre l'avion pour Sydney. Las, il cède l'espace d'une soirée à la tentation du jeu et y perd tout l'argent dont il disposait. Il se retrouve donc bloqué sur place et va bénéficier de l'hospitalité de quelques hommes imbibés d'alcool.

Chaleur de plomb, jeux d'argent, beuveries, virées en voiture dans les brumes de l'ivresse, massacres gratuits de kangourous, errance... Le style a beau être fluide et plaisant, ces thèmes étouffants mettent vite mal à l'aise. Farouches défenseurs des animaux et âmes sensibles, abstenez-vous !

Nota : ce livre est paru en Australie en 1961.

Avis : 12/20

Le billet enthousiaste de Sylire.

Cinq matins de trop, Kenneth Cook, LGF, Le Livre de Poche, mai 2010, 218 p.

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samedi 24 juillet 2010

~ Sur ma peau, Gillian Flynn

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Camille Preak est journaliste au Daily Post, petit quotidien de Chicago. Son rédacteur en chef Frank Curry lui demande de couvrir un meurtre et une disparition d'enfants survenus à Wind Gap, dans le Missouri, dont elle est originaire. C'est une épreuve pour cette jeune femme fragile qui n'est pas revenue dans sa ville natale depuis huit ans, d'autant que ses rapports avec sa mère sont difficiles. Elle va néanmoins enquêter bon gré mal gré parmi ces gens qu'elle a jadis côtoyés, tout en séjournant chez sa mère...

Comme dans Les lieux sombres, le personnage central est une trentenaire empêtrée dans son mal-être, traumatisée par sa jeunesse, son environnement familial et la mort d'un proche. Bien que les victimes soient ici des étrangers pour Camille, l'enquête l'immerge douloureusement dans son propre passé à Wind Gap... Gillian Flynn excelle à évoquer la souffrance et le désespoir des êtres meurtris, les dérives auto-destructrices des adolescents désoeuvrés, les cruautés entre filles/femmes, ainsi que l'ambiance d'une petite ville étouffante dont les habitants sont à la fois horrifiés et fascinés par l'idée d'un serial killer. Malgré la gravité dont est empreint le récit, on retrouve l'humour grinçant et désabusé propre à cette écrivain, et tout cela donne un thriller captivant, subtil, dur et émouvant.

Gillian Flynn fait désormais partie des auteurs dont je guette avidement les parutions !

Avis : 16/20

Biblio a beaucoup aimé, Joelle a été déçue.

Sur ma peau, Gillian Flynn, LGF, Le Livre de Poche Thriller, février 2008, 381 p.

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vendredi 23 juillet 2010

~ Le Libertin, Eric-Emmanuel Schmitt

schmitt2Diderot sert de modèle à Madame Therbouche, qui lui demande de se dénuder. Le philosophe est manifestement troublé, et tandis que la peintre s'apprête à répondre à son désir, Diderot est sollicité pour écrire un article sur la morale, à paraître dans L'Encyclopédie... Cet érudit - ô combien séducteur - va débattre de la question avec Madame Therbouche, mais aussi de la séduction, du désir, du plaisir, du libre arbitre... avec d'autres personnages qui vont surgir successivement...

Encore une pièce jubilatoire d'Eric-Emmanuel Schmitt, qui est décidément au sommet de son talent dans ce registre ! Reparties vives et pertinentes, paradoxes, rebondissements, humour... un pur régal pour le lecteur.

Merci, Zorane, pour ton billet qui m'a donné envie de découvrir cette pièce... et merci Pimprenelle !

Avis : 15/20

"Le Libertin", p. 203-312 in Théâtre 2, Eric-Emmanuel Schmitt, LGF, Le Livre de Poche, 1995, 312 p.

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jeudi 22 juillet 2010

~ Le Secret du bayou, John Biguenet

biguenetLouisiane, 1957. Les temps sont durs pour les ostréiculteurs depuis que l'exploitation pétrolière a remodelé le bayou et perturbé son écosystème. Les Bruneau et les Petitjean passent des journées harassantes en mer pour ramasser les huîtres et pêcher les crevettes. Ces deux familles s'affrontent depuis des décennies et Therese Petitjean, jeune femme énergique et déterminée, va jeter de l'huile sur le feu en refusant un mariage arrangé...

Haine, vengeance, règlements de compte, passions amoureuses, secrets de famille... L'écriture fluide et plaisante, les aventures de cette poignée de personnages et le contexte dépaysant rendent la lecture absolument captivante... Une excellente surprise avec ce livre de la sélection Livre de Poche, qui ne me tentait guère à première vue.

Avis : 15/20

Le Secret du bayou, John Biguenet, LGF, Le Livre de Poche, juin 2010, 413 p.

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