~ Le garçon qui voulait devenir un être humain, livre 1 : Le Naufrage - Jørn Riel
Vingtième livre lu par Junior pour son défi (plus que trois) :
Islande, autour de l'an mil. Le père de Leiv, un viking, vient de se faire assassiner. Le jeune garçon veut venger son père, il embarque clandestinement sur le drakkar de l'assassin, mais il ne peut pas le tuer parce qu'il est trop jeune. Le bateau fait naufrage chez les Inuits, Leiv va découvrir leur mode de vie...
J'ai bien aimé. C'est un petit livre très facile à lire. Il y a très peu de dialogues, beaucoup de narration. Cinq années sont évoquées en quatre-vingt pages... C'est agréable de découvrir les Inuits. On voit qu'ils vivent du minimum, de chasse et de pêche... A part le froid, ça fait rêver.
Ce roman est le premier d'une trilogie, je pense que je lirai la suite.
Ma note : 16/20
Le garçon qui voulait devenir un être humain, livre 1 : Le Naufrage - Jørn Riel, Gaïa, novembre 2002, 88 p.
~ Chandra, Mary Frances Hendry
Dix-neuvième livre lu par Junior pour son challenge :
Chandra est une jeune indienne de onze ans, elle se marie. Elle quitte donc l'école pour aller dans la ville de son époux. Et là, elle apprend que celui-ci est mort. Comme l'exige la tradition, elle doit rester dans sa belle-famille pour les servir, il lui est interdit de se remarier. Elle va se rebeller...
Je n'aime pas les "livres de la vie", j'ai donc moyennement aimé. De plus, on se repère mal dans le temps et dans l'espace. J'ai par contre apprécié la rebellion de la jeune fille, cela montre à quel point les femmes sont soumises dans la société indienne, malgré les lois qui s'y opposent. La tradition l'emporte encore.
Ma note : 11,5/20
Chandra, Mary Frances Hendry, Flammarion, Castor Poche, août 2001, 169 p.
~ Boomerang, Tatiana de Rosnay
Antoine offre un séjour surprise à Noirmoutier à sa soeur cadette Mélanie pour ses quarante ans. Il s'agit pour eux d'un pélerinage, ils y ont passé leurs premières vacances d'enfants mais n'y sont plus retournés après le décès de leur mère, survenu en 1974 - ils avaient alors dix et sept ans... Le dernier matin sur l'île, Mélanie semble tracassée. Elle est sur le point de faire une révélation à son frère dans la voiture en rentrant à Paris, lorsqu'elle perd le contrôle du véhicule et se retrouve grièvement blessée... Quel secret a-t-elle découvert sur Clarisse, leur mère ?
Je redécouvre ce roman pour le prix des lecteurs LdP, je l'ai déjà lu début 2009. Il m'avait alors paru sympathique. Le fait de connaître l'intrigue et le dénouement ayant émoussé mon intérêt, je me suis concentrée sur l'ambiance, le style... que je n'ai pas aimés, cette fois. C'est un roman à suspense plaisant à lire, certes, mais constitué d'ingrédients trop classiques : secrets de famille, père tyrannique, frère et soeur complices, divorce mal digéré, belles situations professionnelles, femmes forcément magnifiques, histoires d'amour sirupeuses... En résumé : une déception.
PS : Clisson est en Loire-Atlantique, pas en Vendée !
Boomerang, Tatiana de Rosnay, LGF, Le Livre de Poche, avril 2010, 375 p.
~ Les messagers du temps, tome 6 : Le Noël de l'an 800 - Evelyne Brisou-Pellen
Lu par Junior :
L'intrigue se déroule vers l'an 800. Windus est scribe, Petrus, forgeron pour Charlemagne, et Morgana est esclave à Constantinople. La jeune fille a perdu son don de voir les auras, et elle est en présence du "Quatrième". Elle a gardé le pouvoir de guérir. Windus le scribe va voir Charlemagne et rencontre alors Petrus, et Morgana va fuir pour les retrouver...
Encore une fois, j'ai bien aimé. Toujours le même savoureux cocktail d'amitié, d'aventure, de suspense, d'Histoire. Ce sixième tome est pour l'instant le dernier de la série, j'espère qu'il y aura d'autres épisodes, ça serait marrant que les trois amis remontent jusqu'à notre époque !
Les messagers du temps, tome 6 : Le Noël de l'an 800 - Evelyne Brisou-Pellen, Gallimard Jeunesse, Folio Junior, février 2010, 157 p.
~ Louis Braille, l'enfant de la nuit - Margaret Davidson
Louis Braille perd la vue à trois ans, suite à un accident. Ses parents l'élèvent avec amour et tendresse mais sans le surprotéger : ils sont soucieux de le rendre autonome, à une époque où les aveugles sont nombreux à devenir mendiants. Grâce au père Palluy, ce petit garçon très intelligent va à l'école, puis est envoyé dans un institut pour aveugles où il apprend à lire par le biais de lettres en relief. Il est déterminé à trouver une méthode de lecture plus appropriée...
Un bien joli roman sur un enfant intelligent, qui deviendra un grand homme, récompensé par son courage et sa ténacité. Ce récit est émouvant, très bien écrit, simplement, et a le mérite d'instruire aussi bien les adultes que les enfants sur la vie de Louis Braille et l'origine de son alphabet. A découvrir dès huit ans.
Idée trouvée ici, merci Biblio !
- L'avis de Mr, conquis à son tour :
Il s'agit d'une biographie de Louis Braille écrite à l'intention des enfants. Ce livre est non seulement abordable pour eux, et émouvant, mais aussi très instructif pour les adultes qui, comme moi, ne connaissaient cet homme que comme l'inventeur d'un alphabet pour aveugles. C'est tellement intéressant que j'en ai oublié de regarder les illustrations ! Bravo à l'auteur !
Louis Braille, l'enfant de la nuit - Margaret Davidson, Gallimard Jeunesse, Folio Cadet, septembre 2002, 99 p.
~ Magnus, Sylvie Germain
A cinq ans, suite à un traumatisme, le petit Franz-Georg est "vierge de tout souvenir", il doit tout réapprendre. Son bagage familial, en revanche, sera lourd : son père est un médecin nazi, qui choisira de fuir au Mexique pour échapper à la justice, et l'adolescent sera alors confié à un oncle exilé en Angleterre.
Quand les crimes paternels et la complicité muette de la mère font enfin sens pour lui, Franz est prisonnier de ce poids : "[Il] a reconstitué une partie du puzzle familial qui ressemble bien davantage à un tableau d'Otto Dix, de Georg Grosz ou d'Edvard Munch qu'à la peinture romantique que lui présentait sa mère. (...) Lui, le fils mystifié, abandonné, et surtout insupportablement souillé par cette filiation." (p. 65)... "Il n'est pas un fils, ne le sera jamais. Pire, il reste le rejeton d'un bourreau doublé d'un lâche, et d'une criminelle par complicité, sottise et vanité. Son impuissance à anéantir cette ascendance nauséeuse, ou au moins à réclamer des comptes à ces parents qu'il a aimés avec une innocence qu'il juge à présent coupable, se traduit en violente inimitié à l'égard de lui-même. Ce ressentiment le noue de l'intérieur, et au sortir de l'adolescence sculpte ses traits avec rudesse. " (p. 73-74).
Se sentant "comme un intrus" chez son oncle londonien, Franz-Georg, rebaptisé Adam, part sur les traces de son père au Mexique... On le suit de l'Amérique à l'Europe, entre oubli et réminiscences, amours et deuils, accompagné de son ourson Magnus, aux yeux de renoncule...
Après L'Inaperçu, je suis, une seconde fois, admirative et sous le charme du talent de Sylvie Germain. La destinée de Franz-Georg/Adam est présentée comme un conte beau et cruel. Le récit foisonne de réflexions justes, poignantes et profondes. L'écriture est à la fois percutante et fluide, fine, sans fioritures. C'est parfois poétique, mais jamais posé, ni artificiel... Bref, c'est MAGNIFIQUE, EMOUVANT, A LA FOIS RICHE ET SOBRE... Que dire d'autre ? lisez-le ! sortez-le de votre PAL, courez chez votre libraire, ou à la médiathèque (il doit être dispo car il n'est pas récent)...
PS : j'aime beaucoup la couverture, pour l'ourson d'abord, qui semble bien sympathique, et parce que cette peluche s'avère fidèle à la description de Magnus, ensuite...
L'avis de Sylire.
Magnus, Sylvie Germain, Gallimard, Folio, juin 2007, 263 p.
~ Les messagers du temps, tome 5 : L'épée des rois fainéants - Evelyne Brisou-Pellen
Junior poursuit cette série avec plaisir :
Nous voilà arrivés au VIIIe siècle après J-C. C'est l'époque de Charles Martel. Cette fois, le livre est en deux parties parce que les trois amis et le Quatrième meurent, et après ils sont dispersés à Cordoue, Toulouse et Compiègne. Ils se retrouvent tous durant la bataille de Poitiers qui oppose les Sarrasins aux habitants de la Neustrie, alliés à ceux de l'Aquitaine.
Encore un très bon livre de cette série : j'ai aimé le mélange d'aventure, de suspense, d'amitié et d'Histoire. Les jeunes gens sont toujours aussi attachants... C'est une façon plus efficace d'apprendre l'Histoire qu'en cours, au collège.
Les messagers du temps, tome 5 : L'épée des rois fainéants - Evelyne Brisou-Pellen, Gallimard, Folio Junior, février 2010, 153 p.
~ Eté, Mons Kallentoft

EVITEZ DE LIRE LA 4e DE COUV : on y apprend un événement qui survient dans les cinquante dernières pages du livre - grrrrr !
Malin Fors et l'équipe sont de nouveau sur le pied de guerre, enquêtant cette fois sur l'agression d'une jeune fille de quinze ans et la disparition d'une autre ado de quatorze ans. La canicule épuise/énerve tout le monde, et les vacances estivales ont réduit les effectifs de la police de Linköping. Tove est en vacances à Bali avec son père, Malin se sent seule le soir, elle se réfugie toujours dans les bras de Daniel, le journaliste... ou dans l'alcool quand le désespoir est trop fort.
Je suis entrée plus rapidement dans ce deuxième opus que dans Hiver, sans doute parce que les principaux protagonistes me sont désormais familiers. Par contre, j'ai trouvé le rythme trop lent, et l'intrigue faiblarde. Certes il y a des crimes, des mystères, mais on n'est pas vraiment tenu en haleine faute de pistes, "d'os à ronger", de rebondissements. Un lien (surprenant) est rapidement établi entre sex-t*y et homosexualité féminine et c'est à peu près tout pendant de longues pages. L'équipe policière va alors travailler à coups de "préjugés" (comme le pense Malin) sur les homosexuelles et les immigrés, en ayant parfois recours à la violence physique... La cadence s'accélère quand deux suspects apparaissent enfin, aux deux tiers du livre... et là, le lecteur n'a plus de répit, jusqu'à la fin, particulièrement sordide...
Une lecture décevante, donc. Ce thriller m'a semblé trop proche du premier opus, il donne de ce fait une impression agaçante de déjà-vu : là encore, une voix d'outre-tombe, la présence du "Mal", une histoire d'enfance brisée... et il y manque des éléments pour nourrir l'intrigue et faire patienter le lecteur en attendant le dénouement.
Eté, Mons Kallentoft, Le Rocher Editions, Serpent Noir, mai 2010, 440 p.
MERCI à Bob et aux Editions du Rocher pour ces retrouvailles avec Mons Kallentoft ! et MERCI à Paul Arre, grâce à qui j'ai repéré rapidement la couverture !
L'amour vache, Rachel Corenblit
Huit courtes nouvelles vives, sensibles et émouvantes pour visiter des sentiments adolescents :
La haine de l'autre/de soi pour Sophie, qui se focalise sur sa belle-mère.
La haine de Thomas pour son père qui, mourant, est en train de les abandonner.
Le bonheur de rencontrer enfin la confiance d'un adulte pour Louis, ado hémiplégique en échec scolaire.
Le désespoir pour Lucie et sa mère face aux TOC éprouvants de la jeune fille. "Elle ne touche pas le robinet. Elle sait que si elle le fait, je dois tout recommencer, depuis le début, parce que c'est moi qui dois terminer ce que je commence, c'est moi qui dois aller jusqu'au bout et si je ne le fais pas, c'est du dix sur dix dans mon échelle des graves." (p. 64)
Le sentiment d'appartenir enfin à sa famille, pour Claudia, délivrée d'un poids par la révélation d'un secret de famille.
Le profond ennui à l'idée d'une rando en montagne... pas seulement dû à l'inertie inhérente à l'adolescence.
Le désespoir de Léa, que les garçons ignorent.
Celui de Vanessa, ado qui a entraîné ses jeunes frères dans sa fugue...
L'amour vache, Rachel Corenblit, Editions du Rouergue, DoAdo, janvier 2008, 122 p.
L'avis de Cathulu.
De Rachel Corenblit, j'ai aussi aimé Le métier de papa, à partir de huit ans :
Prodigieuses créatures, Tracy Chevalier
-- Tracy Chevalier --
Angleterre, début du XIXe siècle. Lorsque leur frère se marie, Elizabeth Philpot et deux de ses soeurs doivent quitter la demeure familiale londonienne et s'installer à Lyme Regis, où la vie est moins coûteuse. Margaret, la puînée, se passionne pour les parties de cartes et les bals, Louise pour la botanique et Elizabeth pour l'histoire naturelle et en particulier les fossiles, abondants sur les plages de Lyme Regis. Elle en ramasse pour les collectionner, en compagnie de Mary Anning, jeune fille pauvre, qui les vend pour subvenir aux besoins de sa famille.
Comme dans La jeune fille à la perle, Tracy Chevalier explore une destinée féminine hors du commun, celle de Mary Anning. Fille d'ouvrier, elle va devenir célèbre dans le milieu scientifique grâce à sa passion pour les animaux disparus fossilisés. Le contexte historique est passionnant : la place des femmes dans la société, le clivage ouvriers-rentiers, et surtout le rejet de l'Eglise face aux découvertes scientifiques. "Cela fait désormais quelque temps que certains se demandent si la Terre n'est pas plus ancienne que les six mille ans calculés par l'évêque Ussher." (p. 316)... Malheureusement, ces éléments sur le début du XIXe siècle m'ont semblé dilués dans un roman "austenien" qui laisse trop de place aux sentiments, à l'auto-apitoiement d'Elizabeth. J'ai préféré les courts chapitres où Mary Anning a la parole...
Le postscriptum de l'auteur est à ce titre intéressant et m'a un peu réconciliée avec les longueurs de l'ouvrage : "Les attitudes du XXIe siècle par rapport au temps et à nos attentes en matière romanesque sont très éloignées du rythme offert par l'existence de Mary Anning. Toutes ses journées, année après année, elle les a passées à faire la même chose sur la plage. J'ai pris les événements de sa vie et je les ai condensés de façon que le récit n'épuise pas trop la patience du lecteur." (p. 375)
Joelle et Leiloona ont beaucoup aimé. L'avis de Sandrine le 10/06.
Prodigieuses créatures, Tracy Chevalier, Editions de la Table Ronde, Quai Voltaire, mai 2010, 377 p.
Merci à Bob et aux Editions de la Table Ronde pour cette découverte.
De cette auteur, j'ai préféré La jeune fille à la perle et L'innocence.















