Les mains rouges, Jens Christian Grøndahl
Un conseil : là encore, ne lisez pas la 4ème de couv' si vous voulez avoir quelque chose à découvrir !
Le narrateur, un étudiant, travaille l'été au service de réservation des hôtels de la Gare Centrale de Copenhague. Une jeune fille, Randi Petersen, lui confie la clef d'une consigne automatique où elle vient de déposer un sac, puis lui demande de l'héberger. Elle disparaît au bout de quelques jours, manifestement après s'être rendu compte que le jeune homme a fouillé dans ses affaires et découvert sa véritable identité : Sonja Evers... Le narrateur croise par hasard quinze ans plus tard Sonja, il la suit et va tenter de résoudre l'énigme de cette femme dont la fuite l'a visiblement hanté pendant toutes ces années.
Je n'en dévoile pas plus. C'est l'histoire de deux individus tourmentés : l'un par l'énigme d'une jeune femme, l'autre par le poids de son passé et sa culpabilité. Il y est question de la peur de la vacuité de l'existence, de la "philosophie" du terrorisme, de la fascination que peut exercer un individu quasi-inconnu sur un autre pendant plusieurs années de séparation, de la Justice et de la justice (culpabilité, remords)... Certaines des réflexions suscitées par ce roman très riche m'ont rappelé l'excellent Le liseur de Bernhard Schlink.
L'avis enthousiaste de Levraoueg ici... promis, je n'avais pas lu son billet avant de rédiger le mien, nous citons toutes les deux Schlink, mais ça ne m'a pas fait penser à Le week-end, que j'ai pourtant lu !
Ma note : 15/20
Les mains rouges, Jens Christian Grøndahl, Gallimard, septembre 2009, 203 p.
14ème livre lu dans le cadre du challenge 2% de Levraoueg.
Objectif atteint avant les 12 coups de minuit - yessss !

2009 en images
L'heure est aux bilans :
Il s'agit de livres récents ou non...

... un très léger chouia moins ...

Le thriller de l'année

Les abandons (à contre-courant
)
Les films

Les albums

La blogo-aventure, les swaps, vos comm', vos mails, les tags où on se regarde le nombril pour rire... merci !
La délicatesse, David Foenkinos
JOLIE HISTOIRE D'AMOUR PLEINE D'HUMOUR...
François aborde Nathalie dans la rue, il lui offre un verre, attirance mutuelle, deux ans de vie commune, puis cinq années de mariage, le tout sans heurts, d'une banalité à mourir d'ennui... jusqu'au drame : François part courir et se fait renverser par une voiture, il décède quelques jours plus tard. Nathalie surmonte lentement sa douleur, elle est courtisée par son responsable hiérarchique qui l'a embauchée pour son charme cinq années plus tôt. Un jour, elle embrasse sur une impulsion un de ses collègues, elle entend en rester là, pas lui... Une passion amoureuse peut-elle succéder à une autre ?
Une histoire on ne peut plus banale qui m'a d'abord semblé bien terne : je sortais de la pétillante et tumultueuse liaison entre Senta et Thomas (Une fois deux de Iris Hanika) : rien de tel ici, juste deux personnages falots... au début du roman. Puis je me suis immergée dans le style de David Foenkinos qui m'avait tant plu dans Le potentiel érotique de ma femme et En cas de bonheur : un humour par petites touches, l'air de rien, et au milieu d'un ton apparemment léger, des phrases qui touchent... Et l'apparition d'un personnage particulièrement attachant a réveillé le roman de manière inattendue et m'a finalement charmée. Un très bon moment de lecture (avec une "madeleine de Proust" inside - cf. photo infra !).
La délicatesse, David Foenkinos, Gallimard, août 2009, 200 p.
Treizième livre lu dans le cadre du challenge 2% littéraire 2009 de Levraoueg, j'y suis presque !
Call me, Maria Doyle Kennedy
Max Havelaar, ou Les ventes de café de la compagnie commerciale des Pays Bas - Multatuli
Mr a commencé à lire et abandonné :
Sur sa quatrième de couverture, ainsi qu'en préface et dans la postface, l'éditeur (Actes Sud) présente ce roman comme une oeuvre révolutionnaire tant par sa forme que par le fond. La critique acerbe du colonialisme néerlandais en Indonésie, à laquelle procède dans ce livre Multatuli (pseudonyme de Edward Douwes Dekker, 1820-1887) aurait eu une influence importante après sa publication en 1860. Le point de vue de l'auteur sur le colonialisme néerlandais et sur la société javanaise est probablerment très intéressant. N'ayant lu qu'un quart du roman, je n'ai cependant guère eu l'occasion de m'en rendre compte, hormis à travers la description peu flatteuse d'un négociant en café à Amsterdam. De fait, la forme du roman est originale, les récits successifs intégrant notamment des points de vue ou états d'âme du narrateur et le livre étant dénué de structure (c'est le traducteur qui l'a découpé en chapitres). Ces digressions, dénuées d'effet comique, ralentissent considérablement le déroulement de l'intrigue, à tel point qu'au quart de l'ouvrage, son héros, Max Havelaar, vient tout juste d'y apparaître. Je l'y laisse, n'ayant pas la patience de découvrir les 300 pages restantes du roman dont il me suffit de savoir tout le bien qu'en a annoncé l'éditeur ! Il est dommage que la lecture du roman soit si désagréable, tant l'éditeur avait su me mettre l'eau à la bouche (honnêtement d'ailleurs, puisqu'il évoque l'originalité de la forme)...
Max Havelaar, ou Les ventes de café de la compagnie commerciale des Pays Bas - Multatuli, Babel, novembre 2003, 440 p.
Les Visages, Jesse Kellerman
Ethan Muller, 32 ans, est marchand d'art. Il descend d'une famille d'hommes d'affaires influents et fortunés, son père David est un magnat de l'immobilier. Les deux hommes sont en froid et communiquent par l'intermédiaire de Tony Wexler, "homme de l'ombre et bras-droit" de David Muller. Celui-ci contacte un jour Ethan pour lui annoncer un véritable gisement d'oeuvres d'art dans un petit appartement abandonné, autrefois occupé par Victor Cracke. La production est impressionnante : pas moins de 135 000 dessins sont entreposés là et les numérotations au verso semblent indiquer qu'ils forment un gigantesque ensemble. Ethan retrouve également au domicile de l'artiste des carnets récapitulant jour après jour la météo ainsi que les repas pris, ceux-ci étant rigoureusement identiques (ou presque...). Tout cela signe l'oeuvre d'un obsessionnel. Ethan enquête auprès du voisinage sur l'homme qui résidait là, les témoignages sont pour le moins divergents. Ethan Muller expose quelques uns des tableaux dans sa galerie, la presse relate l'événement, ce qui suscite la curiosité de Lee McGrath, ancien policier désormais retraité : des chérubins peints sur l'oeuvre centrale lui semblent liés à des meurtres survenus 40 ans plus tôt et non élucidés... Voilà le début de l'affaire, je n'irai pas plus loin pour ne rien dévoiler... En parallèle de cette histoire contemporaine, on remonte aux origines sur le sol américain de la famille Muller (ex-Mueller), des Juifs émigrés d'Allemagne au début du XIXème siècle...
J'ai été rapidement captivée par ce thriller, le rythme est soutenu, pas de frissons, pas d'hémoglobine, juste une intrigue solide et un suspense à couper le souffle. Kellerman a le don de brandir des indices pour mieux brouiller les pistes ensuite... Les personnages sont sympathiques, un en l'occurrence que vous découvrirez, et le dénouement est particulièrement émouvant. En bref, Les visages fait partie de ces grands thrillers habiles et prenants qu'on ne lâche pas, et dont la fin est déroutante sans tomber dans le spectaculaire...
Amateurs d'excellents thrillers et en particulier Françoise, Val, "Madame Cédric", Mic de Noir Suspense, Serial Lecteur et Biblio, si vous passez par là, laissez-moi vous dire que ce livre est fait POUR VOUS ! Sachez-en le moins possible avant lecture, mais vous pouvez lire mon résumé
!
Ma note : 18/20
Les visages, Jesse Kellerman, Sonatine, octobre 2009, 471 p.
Chers amis, je vous le dis : 2010 sera "thriller" ou ne sera pas...
* * * * *
Douzième livre lu dans le cadre du challenge 2% littéraire rentrée 2009 de Levraoueg...
... arghhh, objectif des 2% non atteint fin 2009 ! ![]()
Orinoco Flow (Sail Away) - Enya
Enya - Orinoco Flow (Sail Away)
envoyé par NY182. - Regardez la dernière sélection musicale.
L'effet Darwin, sélection naturelle et naissance de la civilisation - Patrick Tort
Présentation de l'éditeur : Une interprétation expéditive du darwinisme a fait trop souvent de la "survie du plus apte" l'argument des manifestations ordinaires de la loi du plus fort: élitisme social, domination de race, de classe ou de sexe, esclavagisme, élimination des faibles. Patrick Tort, spécialiste de l'œuvre de Darwin, montre qu'en réalité la civilisation, née de la sélection naturelle des instincts sociaux et de l'intelligence, promeut au contraire la protection des faibles à travers l'émergence - elle-même sélectionnée - des sentiments affectifs, du droit et de la morale. Pour emblème de cet "effet réversif" de l'évolution, l'auteur choisit la bande de Möbius, dont la face unique résulte d'un retournement continu. Un essai pour en finir avec la tentation toujours présente d'utiliser Darwin pour justifier l'injustifiable.
Mr a lu :
Cet essai expose de manière argumentée - et illustrée de nombreuses citations - diverses thèses de Charles Darwin. A sa lecture, j'ai notamment découvert :
- que la théorie de l'évolution conçue par ce dernier ne se limite pas à la sélection naturelle des individus les plus aptes à la survie puisqu'il examine aussi d'autres aspects, voire d'autres moyens de sélection, dont celle d'instincts sociaux et la sélection sexuelle qui peuvent amener vers d'autres directions ;
- que Darwin a aussi réfléchi et écrit à propos de l'histoire naturelle des sociétés humaines mais que ces aspects de sa pensée ont été occultés par de nombreux commentateurs de son œuvre.
Patrick TORT met bien en évidence la modernité persistante de la pensée de DARWIN et "l’humanisme" qu’elle recelait. Son livre m’a redonné l’envie de lire L’origine des espèces qui figure dans ma bibliotèques mais dont je n’ai lu que quelques chapitres (les premiers et celui relatif aux insectes sociaux) ainsi que celle de découvrir La filiation de l’homme de DARWIN également mais plus récent. Le livre de Patrick TORT est aussi une invitation à la réflexion sur divers sujets (racisme, eugénisme …). Il est cependant dommage que sa lecture soit si ardue.
L'effet Darwin, sélection naturelle et naissance de la civilisation, Patrick Tort, Seuil, Science ouverte, septembre 2008, 231 p.
With or Without You, U2
Un troisième message subliminal... Attention, aucune intention politique derrière, ni de message religieux de ma part ! ![]()
Je suis un gros menteur, Karim Ressouni-Demigneux
Pas facile de s'y retrouver quand l'annonce de votre prénom Ismaïl semble gêner les inconnus, quand votre père est Français mais d'origine arabe et marocaine, quand votre mère est Bourguignonne, que vos parents se prétendent athées mais ont tenu à vous faire circoncire... Alors Ismaïl croit simplifier les choses en annonçant dans sa nouvelle école qu'il est Juif. Et puis comme il est décidément "un gros menteur", il ajoute que son oncle lui a offert un lion, qu'il possède un jacuzzi dans sa chambre, etc. La situation devient franchement embarrassante lorsque ses parents décident d'inviter toute la classe pour fêter ses 11 ans...
Un roman émouvant sur les mensonges et les subterfuges des pré-adolescents pour ressembler aux autres, se fondre dans la masse. Des réflexions également très intéressantes sur les religions et les (non)choix des parents en la matière qui manquent parfois de clarté...
Pour info : "L'auteur nous livre le plus gros mensonge de son enfance, pratiquement tel qu'il l'a vécu." (quatrième de couverture).
Je suis un gros menteur, Karim Ressouni-Demigneux, Editions Rue du Monde, Collection Roman du Monde, août 2005, 111 p.
De cet auteur, j'ai néanmoins préféré Je ne pense qu'à ça, où l'on retrouve Ismaïl adolescent































