Canel

mercredi 25 mai 2016

~ Le garçon qui courait plus vite que ses rêves, Elizabeth Laird

le garçon qui

laird

The fastest boy in the World, 2014
traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Catherine Guillet
Flammarion, Tribal, 18 mai 2016, 155 p.

lu par Mr

♥♥♥♥

Solomon se souvient d'un évènement marquant de son enfance en Ethiopie : un voyage avec son grand-père vers la lointaine capitale (Addis Abeba). 
Là-bas, le retour d'athlètes éthiopiens revenus vainqueurs d'épreuves de course à pied est fêté dans la liesse par la population. Cet événement n'était cependant pas la principale motivation du vieil homme lorsqu'il a entrepris ce périple. Les projets du vieil homme n'apparaissent qu'au fil du récit, et l'issue du voyage reste longtemps incertaine (à condition de ne pas lire la quatrième de couverture). 
C'est finalement un véritable voyage initiatique que le garçon de onze ans a accompli avec son grand-père, par la force des choses…

Un récit dépaysant et plein d'espoir, que j'ai trouvé très agréable à lire, même s'il s'adresse d'abord à un jeune public.
 

 Merci aux éditions Flammarion Jeunesse.

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lundi 23 mai 2016

~ Un père de trop, Brigitte Peskine

un père de trop

Ecole des Loisirs, Medium, 9 mars 1995, 136 p.

♥♥♥♥

La curiosité est un vilain défaut. Et les non-dits des adultes, alors ?
« - Tu avais besoin d'aller fouiller dans cette valise ?
Je ne savais comment expliquer que ce n'était pas la valise qui était en cause, et encore moins la lettre, mais le fait qu'on m'avait menti sur mes origines, mon identité. »

En vacances chez sa tante, Pascale apprend, en trouvant un vieux courrier de sa mère, qu'elle a été enceinte d'un autre homme que son mari. Calcul rapide, Pascale comprend que ce bébé d'un autre, c'est elle. Paul, qui l'a élevée, qu'elle a toujours appelé "papa" n'est donc pas son père biologique. Clotilde et Jules ne sont donc "que" ses demi-soeur/frère. Le petit monde de Pascale, déjà fragile, s'écroule. On est rarement bien dans ses baskets à douze ans, surtout quand on est la plus jeune et que les deux aînés vous écrasent de leur mépris et de leurs sarcasmes, et quand le couple parental est miné par des diffcultés de boulot et d'argent. Pascale se ferme, se laisse couler à l'école, la vie devient infernale à la maison d'autant que les aînés ne supportent pas non plus ce mensonge par omission des parents, et le leur font payer.

Encore un livre de Brigitte Peskine parfaitement adapté aux préoccupations des (pré)adolescents. Une histoire de secrets de famille, cette fois, le sujet est moins douloureux que ceux des trois précédents ouvrages que j'ai lus (adoption, divorce, parents défaillants, déportation d'enfants), mais il suscite beaucoup de réflexions chez le lecteur. On s'interroge avec la narratrice sur la place de chacun au sein d'une fratrie, sur l'adoption, sur la jalousie, sur les relations parents-enfants, sur le respect mutuel, sur l'amour et la fidélité, sur les secrets du couple parental (que dire, que taire pour l'équilibre de la cellule familiale ?) : « Ça ne te regarde pas. C'est leur couple, leur problème. Nous rêvons tous d'être jeunes et beaux et fidèles et parfaits, mais la vie, c'est autre chose, ma petite fille. »
Tout ceci sur fond de problèmes liés à l'adolescence : image de soi, amitié, premières amours, échanges avec les adultes, perspectives professionnelles, peur du chômage, etc.

Encore un roman jeunesse très intéressant de Brigitte Peskine. Merci à Juin qui m'a fait connaître cette auteur jeunesse !

agenda 22 mai - emprunt mdtk

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dimanche 22 mai 2016

~ Il reste la poussière, Sandrine Collette

il reste la poussière

coll

Denoel, Sueurs froides, 25 janvier 2016, 302 p.

♥♥♠♠♠

Une estancia en Argentine au milieu du XXe siècle. Des moutons par centaines, des vaches, des chevaux. Quatre frères : des jumeaux, un "débile" (sic) et le petit. Le père est "parti", la mère acariâtre mène son monde à la baguette : « Les aboiements de la mère et ses grimaces jamais contentes, cette façon de leur faire porter un poids qui n'est pas le leur, la routine dans la tension et la violence. »
C'est un roc, cette bonne femme, une masse sans tendresse, elle aurait pu les noyer à la naissance, les petits, comme des chatons. Fallait pas attendre. Elle ne s'est pas attachée à eux, non, mais après c'est trop tard, trop compliqué. Et puis, à tout prendre, ces huit bras sont bienvenus pour s'occuper du bétail, de la tonte des moutons... Les garçons triment dur et les aînés soulagent leur hargne sur les petits frères, leur libido sur les bêtes. Dans ces grands espaces, il mènent la « petite vie étriquée que leur impose la mère. Ils ne connaissent rien, n'ont droit à rien. » 

J'ai aimé les deux premiers romans noirs de l'auteur (Des noeuds d'acier, Un vent de cendres). Le côté 'aventure' de Six fourmis blanches m'avait rebutée. Ici c'est l'aspect nature writing qui m'a ennuyée d'emblée. Sandrine Collette décrit bien ce monde rude, la violence, l'hostilité. Ce roman aurait sa place aux côtés des bons Gallmeister, je n'en doute pas, j'ai souvent pensé à John Steinbeck également, mais je n'ai pas été envoûtée comme avec les grands romans de cet auteur. 
Trop de descriptions au détriment d'une intrigue fournie ? Un manque de subtilité dans les portraits des personnages ?

J'ai survolé les cinquante dernières pages, prévisibles. 
Je conseille néanmoins aux amateurs du genre.

agenda 17 au 21 mai

Merci Marina pour le prêt !

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samedi 21 mai 2016

# Petit Cadeau, Soan

Extrait du dernier album Retourné Vivre.

Soan - Retourné Vivre

Tiens ç'matin je m'lève et mes mains tremblent
Et manque de bol pour le pas d'pot
J'ai ton sourire collé aux lèvres et le tango qui m'joue des jambes

Comment tu t'appelles, salut, ça va ?
En fait j'm'en fous, putain, je t'aime
Et quand ? C'est toi ? Mais t'étais où ?
Je t'attendais, lui répondit-elle

Serre-moi par l'épingle la plus grande qui te passe pas les mains
Cause if you stay j'ai bel et bien les rêves en vain qu'auraient les glandes
Comment tu t'appelles ?
Moi c'est cherche pas
Putain t'es belle, regarde-toi
Ma gueule à moi m'foutait la haine avant qu'elle ne te convienne à toi

[jolis choeurs remarqués par Sandrine ]

Tiens ç'matin je m'lève et mes mains tremblent
Et manque de colle pour le paquebot
J'ai regardé rentrer de l'eau et c'était beau 
finir ensemble

*   *   *

Vite, il reste des places pour le concert à la Cigale le mercredi 25 mai, dans 4 jours !

 soan cigale

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jeudi 19 mai 2016

~ Moi, Delphine, 13 ans... - Brigitte Peskine

moi delphine

Pocket Jeunesse, 8 janvier 2004, 144 p.

♥♥♥♥♥

Delphine vient de déménager, de la région parisienne vers le Nord. Séparée de ses parents depuis plusieurs années, elle bénéficie désormais d'un placement en Village d'enfants, après avoir vécu en foyer. Cette fois encore, on ne leur a pas demandé leur avis, l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) a décidé pour eux, estimant qu'ils y seraient "mille fois mieux". 
Avec sa soeur et son frère, ils sont accueillis chez une "mère" qui héberge déjà deux autres enfants. C'est un métier pour cette femme qui a droit à huit jours de congés toutes les six semaines. Mais elle le fait bien, même si ça ne suffit pas pour une jeune fille de treize ans... Delphine rencontre parfois sa vraie mère en terrain neutre. Un éducateur passe voir si tout va bien. Non, tout ne va pas bien, et Delphine confie son amertume et sa souffrance en écrivant à une de ses anciennes camarades de collège. Tant pis si celle-ci ne lui répond pas, ou tarde à le faire : s'épancher ainsi soulage Delphine. Et les rares lettres qu'elle reçoit en retour parviennent à lui remettre un peu de baume au coeur.

Encore une fois, Brigitte Peskine s'attaque brillamment à un sujet grave : les parents "défaillants" (alcooliques, violents, irresponsables...), les enfants traumatisés, souvent en marge dans les établissements scolaires, ballottés de foyers en familles d'accueil... Si Delphine rejette son père en bloc, elle nourrit des sentiments ambivalents à l'égard de sa mère, gardant l'espoir que tout puisse redevenir comme avant, tous ensemble, même si elle s'en défend. Elle se sent également responsable de sa jeune soeur, qui voit en elle une seconde maman. C'est beaucoup pour ses frêles épaules, alors elle attend ses dix-huit ans pour laisser tout cela derrière elle.

En conclusion, j'emprunte les mots de Maryse Vaillant, psychologue chargée de mission à la Protection judiciaire de la Jeunesse, auteur de la préface de ce formidable ouvrage : « On voit [ici] grandir une fillette meurtrie, on la voit se blinder puis s'ouvrir, oser la souffrance, cultiver son petit jardin, donner sa confiance, mûrir. Un trajet bouleversant et juste. Réconfortant d'humanité. »

agenda 10 mai - emprunt mdtk

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mercredi 18 mai 2016

~ Le Journal de Mary, Alexandra Echkenazi

le journal de mary

lejdm

Belfond, 4 mai 2016, 278 p.

lu par Mr

♥♥

Mary Meyer a flirté avec un certain John Fitzgerald Kennedy, dit Jack, lorsqu'elle avait seize ans. L’aventure n’a duré qu’une soirée avant que Mary ne s’éloigne de ce charmeur qui s’était déjà fait une réputation de coureur de jupons. Mary et Jack en conservent cependant chacun un vif souvenir, d’autant plus que Jack cherche à entretenir la flamme par une correspondance assidue adressée à Mary. Quand ils se rencontrent à nouveau, une vingtaine d’années plus tard, Mary est mère de famille, tandis que Jack doit s’afficher comme le parfait époux qu’il n’est pas, et ce dans la perspective de sa possible candidature à l’élection présidentielle.

Ce journal (fictif) de Mary Meyer nous raconte l’histoire mouvementée de ses relations avec JFK. Il s’achève brutalement quelques mois après l’assassinat de Kennedy (à Dallas le 22 novembre 1962). Cette fiction repose sur des personnages réels : Mary Meyer a bien existé et fut assassinée quelques mois après JFK, comme indiqué en début d’ouvrage, pour des motifs qui posent encore question…

La justesse du ton et la finesse d’analyse des principaux protagonistes m’ont impressionné. On apprend beaucoup sur le personnage de Kennedy, et le contexte historique de la guerre froide constitue une toile de fond intéressante. L’ultra-conformisme de la société américaine du début des années 1960 et son conservatisme sont aussi parfaitement restitués, même si l’on perçoit les prémices d’évolutions sociétales intéressantes.

Une lecture qui m’a captivé, bien que je sois a priori peu intéressé par le sujet, n’étant pas friand des histoires de people. 

■  Merci à Célia et aux éditions Belfond.

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mardi 17 mai 2016

~ Et tu n'es pas revenu, Marceline Loridan-Ivens & Judith Perrignon

et tu n'es pas revenu

marceline

Editions Grasset & Fasquelle, 4 février 2015, 110 p.

♥♥♥♥♥

« Je suis l'une des 160 qui vivent encore sur les 2 500 qui sont revenus. Nous étions 76 500 juifs de France partis pour Auschwitz-Birkenau. Six millions et demi sont morts dans les camps. »
Marceline Rozenberg et son père ont été déportés en 1944, ils se sont croisés quand elle était détenue à Birkenau et lui à Auschwitz. Il a eu le temps de lui donner un papier avec quelques lignes. Elle ne se souvient pas des mots, elle sait qu'il la suppliait de vivre. Il n'est pas revenu. Soixante-dix ans après son retour, elle lui écrit...

Récit sobre, intense et très honnête. Marceline Loridan-Ivens dit beaucoup en peu de mots. Le lecteur adulte saura lire l'horreur entre les lignes - le matricule, l'humiliation, la violence, l'extrême dénuement, la faim, la maladie, la mort... La difficulté de reprendre le cours de la vie, « après », de dormir dans un lit, de voir une douche, d'en parler avec les autres, ceux qui n'y étaient pas, d'accepter leurs attentes (se marier et avoir des enfants, par exemple). Les stigmates, à vie : « Je dîne une fois par mois avec des amis survivants, nous savons rire ensemble et même du camp à notre façon. Et je retrouve aussi Simone. Je l'ai vue prendre des petites cuillères dans les cafés et les restaurants, les glisser dans son sac [...] ; elle stocke encore les petites cuillères sans valeur pour ne pas avoir à laper la mauvaise soupe de Birkenau. »

L'auteur souligne la responsabilité des autorités françaises, évoque le sentiment de culpabilité de ceux qui en sont revenus alors que les autres y sont restés, les traumatismes aussi de ceux qui y ont perdu des proches, comme le frère de Marceline, « malade des camps sans y être allé » : « [...] il dessinait des croix gammées sur ma boîte aux lettres ou bien laissait des messages sur mon répondeur, il prenait une voix de SS et aboyait 'Vous prendrez le convoi 71 avec madame Simone Veil.' Il s'était même fait tatouer SS sur l'épaule. Il jouait au bourreau pour se rapprocher de la victime, toi [notre père]. Il m'en voulait de t'avoir accompagné, j'avais pris sa place, celle de l'enfant qui marche dans ton sillage. C'est en tout cas comme ça que je l'entendais. »

Ce qui m'a marquée à la lecture de ce témoignage, c'est la sincérité de Marceline Loridan-Ivens : « Alors, tels des animaux, les filles des wagons se battent pour la nourriture. Moi je regarde la scène, je ne me bats pas. Ça m'est peut-être arrivé d'être comme ça et j'ai préféré l'oublier aussi. »

A une époque, on répétait naïvement que des textes comme celui-là empêcheraient l'horreur de revenir. L'auteur n'est pas dupe : « [le monde] est une mosaïque hideuse de communautés et de religions poussées à l'extrême. Et plus il s'échauffe, plus l'obscurantisme avance, plus il est question de nous, les juifs. Je sais maintenant que l'antisémitisme est une donnée fixe, qui vient par vagues avec les tempêtes du monde, les mots, les monstres et les moyens de chaque époque. [...] il ne disparaîtra jamais, il est trop profondément ancré dans les sociétés. »

Merci Marina pour le prêt.

agenda 16 mai

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lundi 16 mai 2016

~ L'Arbre à bouteilles, Joe R. Lansdale

l'arbre à bouteilles

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Mucho Mojo, 1994
traduit de l'américain par Bernard Blanc
Gallimard, Série noire, 1999
Folio Policier, 2004, 350 p.

♥♥♥♥♥

Deux super potes quadragénaires : Leonard Pine, Noir homo, et Hap Collins, Blanc hétéro. 
Voilà une intro à la limite du politiquement incorrect : les hommes sont tous pareils, on s'en fiche de leur couleur et de leurs préférences sexuelles, et blablabla. Oui mais : difficile de présenter cette série autrement tant ces différences "d'étiquette" nourrissent les savoureux échanges de ces deux copains et expliquent la complexité des situations auxquelles ils sont confrontés. Ici, c'est Hap qui évolue parmi des Noirs, dans un quartier sinistré où le crack fait des dégâts sur des mômes de dix ans, voire moins. Hap aide son copain Leonard à retaper la maison dont il a hérité à la mort de son oncle, mais aussi à débrouiller un paquet d'embrouilles livré avec la bicoque... 

Excellent ! Je m'étais imaginé à tort un duo de flics tendance cow-boy machos portés sur la picole. Pas du tout. Leonard et Hap ne sont pas flics mais, d'après ce que j'ai compris, souvent entre deux petits boulots. Ils sont sobres, sains, pas bourrins, mais ils n'ont rien contre des petites bastons de temps en temps - juste pour jouer les justiciers, attention, quand les autorités sont défaillantes. Ils ont la malchance de croiser sur leur route de drôles d'affaires, de drôles de gugusses, mais aussi des gens bien - qui savent les décevoir aussi, ça reste réaliste. 
Beaucoup d'humour dans les reparties entre ces deux potes qui s'adorent, se balancent des vacheries tendres et des mots d'amour enrobés de rudesse. Ils sont sérieux, parfois, s'épanchent, parlent de la vie, de l'amour, de la condition des Noirs aux Etats-Unis, du bien et du mal...
L'intrigue (sombre) est relativement prévisible, mais le dénouement de l'histoire était le cadet de mes soucis tant j'ai aimé accompagner Leonard et Hap.

L'Arbre à bouteilles est le premier opus de la série Hap Collins & Leonard Pine traduit en France. 
Je note : découvrir d'urgence le premier publié par l'auteur (Les mécanos de Vénus), pour mieux comprendre le passé des deux potes, brièvement évoqué dans le deuxième volet. Et bien sûr pour retrouver ce duo choc avant de me lancer dans la suite de leurs aventures (onze titres à ce jour).

Sans les deux bastons - assez brèves pourtant, mais ça reste trop pour les petites âmes sensibles -, j'aurais mis un coeur géant en plus de ces cinq étoiles.

Mon billet ne vous convainc pas ? Filez lire tous les avis enthousiastes sur Babelio 

• Un grand merci à Gildas pour le prêt !

agenda 14 & 15 mai

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samedi 14 mai 2016

~ L'île de mon père, Brigitte Peskine

l'île de mon père

Casterman, Feeling, 2005, 116 p.

♥♥♥♥

Plus Justin grandit, plus son père Jean-Philippe a du mal à contenir sa violence à son égard. Il faut dire qu'à treize ans, un adolescent sait pousser les adultes à bout, avec ses caprices et son arrogance... Après une énième querelle, le père de Justin préfère fuir. La crainte de faire du mal à son fils l'effraie. Un paradoxe incompréhensible pour Justin : s'il a peur de me faire du mal, c'est qu'il m'aime, mais s'il m'aime, pourquoi ne me supporte-t-il pas ? 

De la difficulté d'être parent...
Un bon parent, est-ce que cela existe ? Déjà être un parent passable, qui maîtrise ses accès de colères et résiste aux tempêtes, c'est pas si mal... Mais c'est d'autant plus difficile lorsqu'on a eu une enfance traumatisante, comme ce père.

A travers l'histoire émouvante de Jean-Philippe et de sa famille, Brigitte Peskine nous fait découvrir un épisode méconnu de l'histoire de France : l'affaire des 'Enfants de la Creuse'. 
De 1963 à 1982, 1 630 enfants réunionnais « abandonnés ou non » et immatriculés de force à la DDASS furent déplacés pour repeupler les départements métropolitains touchés par l'exode rural (Creuse, Tarn, Gers, Lozère, Pyrénées-Orientales). Ceci à l'initiative de Michel Debré, député de la Réunion à l'époque. Certains étaient placés dans des foyers de l'enfance, d'autres furent adoptés (et parfois traités comme des larbins dans des fermes ou chez des artisans).

Au-delà de ce rappel historique, Brigitte Peskine nous parle de violences sur enfants, d'adoption, de déracinement, de la difficulté d'être enfant unique et a contrario, de bien s'entendre dans une fratrie, et bien sûr de l'art délicat d'être parent et de ne pas reproduire ce qu'on a subi... Ceci avec beaucoup de sensibilité et de subtilité.

Pour ados, dès treize ans, et pour les adultes aussi, évidemment.

Merci à Laurence qui m'a fait connaître Brigitte Peskine.

agenda 13 mai - emprunt mdtk 

•  Une enfance en exil, Justice pour les 1615 - William CALLY (extrait)  •


Une enfance en exil par production5

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~ L'invitation faite au loup, Christian Oster

l'invitation faite

L'Ecole des Loisirs, 17 octobre 2013, 46 p.

♥♥♥♥♥

Les animaux de Christian Oster ne se cantonnent pas aux rôles que leur assignent les humains. Ce cochon, par exemple, adore se balader dans la campagne la nuit au lieu de dormir à la ferme. Et c'est pas la présence du loup qui va lui faire changer ses habitudes, non mais... Même pas peur, il court vite, il a une bonne vue, il parvient toujours à lui échapper. N'empêche qu'il aimerait bien se promener peinard, le pourceau. Alors il propose un deal au loup : avec mes copains de la ferme, on te soumet à quelques épreuves ; si tu gagnes, tu me manges, sinon, tu me fiches la paix à tout jamais. Tope-là, répond le loup qui se lèche déjà les babines...

Sixième roman jeunesse de Christian Oster que je lis. Le premier ('Le chevalier qui cherchait ses chaussettes') m'avait vraiment emballée, les suivants, plus ou moins. Cette 'Invitation au loup' fait partie de mes favoris. Humour, aventure, suspense et jeux de mots. On s'amuse à deviner à l'avance la solution des énigmes, et on jubile d'avoir été plus malin que le loup.

Excellent pour jouer avec les mots et les sons - même avant de savoir lire seul ?

agenda 10 mai - emprunt mdtk

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jeudi 12 mai 2016

~ Pères, fils, primates - Jon Bilbao

pères fils

bilbao

Padres, Hijos y Primates - 2011
traduit de l'espagnol par Marc Fernandez
Editions Mirobole, 14 avril 2016, 217 p.

♥♥♥♠♠

Joanes est venu au Mexique avec sa femme et leur fille adolescente, pour célébrer le mariage bling-bling de son beau-père avec une jeunette. Alors qu'il doit signer un contrat important pour la survie de sa petite entreprise au bord de la faillite, Joanes est coincé sur la côte du Yucatán à cause d'une tempête. C'est la panique, il faut se replier vers des coins plus sûrs. Dans sa fuite, il croise un chimpanzé et un de ses anciens professeurs. 
Le cauchemar peut commencer... Comment ? Eh bien voilà la question que je me suis longtemps posée en lisant ce roman noir qui peine à décoller. J'ai attendu en vain d'être harponnée. Les dialogues sonnent faux, j'ai eu du mal à cerner ces personnages sans consistance, et plus encore à ressentir quoi que ce soit pour eux. 
L'intrigue part dans différentes directions et pourtant, il ne s'y passe pas grand chose. Certaines questions soulevées sont à peine résolues.

Un drôle de thriller psychologique tout mou qui ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire dans ce registre à ce jour. 
Mirobole est une jeune maison d'édition qui publie des auteurs étrangers inconnus en France, au style souvent original. J'ai eu plusieurs bonnes surprises. Cette déception ne me décourage pas : je poursuis ma découverte de sa collection 'Horizons Noirs' avec Psychiko de l'auteur grec Paul Nirvanas...

Merci à Lucile et aux éditions Mirobole, dont j'admire toujours la diversité des styles, et les couvertures.

agenda 10 au 12 mai

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mercredi 11 mai 2016

~ Mariages de saison, Jean-Philippe Blondel

mariages de saison

jpb

Buchet Chastel, janvier 2016, 192 p.

♥♥♥♥

Corentin, vingt-sept ans, est vidéaste de mariage. Il travaille avec son parrain, Yvan, quinquagénaire ami de ses parents. Leur petite entreprise ne connaît pas (encore) la crise, ils travaillent de l'aube à l'aube du printemps à l'automne, tous les samedis. Ajoutez à cela les rencontres avec les futurs époux en semaine, pour les préparatifs. Pas le temps de dire ouf, ni d'avoir une vie sentimentale pour Corentin : les petites amies se lassent vite de week-end en commun trop courts. Il ne fait pas grand-chose pour les ‘retenir', non plus. Le spectacle du bonheur (?) des autres le jour J de la bague au doigt (ou de la corde au cou) fait prendre conscience au jeune homme qu'il est peut-être en train de passer à côté de sa vie. Grosse déprime, passage à vide. Des petites séances de ‘confessionnal' de quelques proches vont l'aider à cheminer, avancer, faire des choix…

J'ai lu tous les romans pour adultes de JP Blondel, et si j'y reviens, c'est que j'y trouve mon compte. Oui mais… Les intrigues ont beau varier, j'ai l'impression de retrouver toujours la même chose, l'auteur garde invariablement ces ingrédients : crise existentielle, considérations sur le temps qui passe et sur le couple, nostalgie des années 80, regard sans indulgence sur les ‘petits provinciaux étriqués' (les parents du personnage principal, dans la plupart des cas)… On retrouve toujours une forme de narration agréable (ici quelques intermèdes avec des brèves confessions devant caméra), Blondel sait piquer là où ça fait mal, et c'est sans doute les raisons pour lesquelles je lis ses romans avec plaisir (maso ?), malgré mon agacement de loin en loin pour les poncifs et une certaine facilité.

agenda 10 mai - emprunt mdtk

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mardi 10 mai 2016

~ Les rêves sont faits pour ça, Cynthia Swanson

les rêves sont faits

cyn

The Bookseller, 2015
traduit de l'américain par Maryline Beury
Mosaïc, 4 mai 2016, 375 p.

♥♥♠♠

Début des années 60, USA.
D'un côté, Kitty, libraire associée à une amie, et 'vieille fille' (sic) - autres temps, autres moeurs, à trente-huit ans, c'était fichu pour vous.
D'un autre côté, Katharyn. En fait c'est Kitty, la même, même âge, mais elle mène une toute autre vie avec mari attentionné et jeunes enfants superbes. Futile (au début), fashion victim, elle rêve d'être aussi élégante que Jackie Kennedy. Je me vois bien avoir pour principale préoccupation de m'habiller comme C. Bruni ou J. Gayet, mais passons...

C'est quoi ce bazar ? Comment la même personne peut-elle avoir deux vies si différentes, en même temps ? Au début, l'auteur donne l'explication d'un rêve. La « vraie vie » serait celle de Kitty, qui rêverait la nuit de celle qu'elle aurait pu avoir si elle avait épousé l'homme terriblement séduisant qu'elle aurait pu rencontrer si, etc.

Il faut de la patience pour venir à bout de ce livre - je n'en ai guère. Le récit est long, lent, dense, plein de répétitions (volontaires). On tourne en rond, on n'avance pas, Katharyn/Kitty ressasse indéfiniment les mêmes questions. J'ai eu le temps de décrocher x fois, de me demander x fois laquelle de ces deux vies je préférerais - je suppose que c'est un des buts de l'auteur - et surtout pourquoi je lisais des bouquins si c'était pour m'y ennuyer autant.
Le début m'a rappelé La vie d'une autre de Frédérique Deghelt et Avant d'aller dormir de SJ Watson, dont les intrigues ont le mérite de décoller. Ici, on n'entrevoit l'explication que trente pages avant la fin, à moins d'être ultra-perspicace et habitué à ce genre de thriller ?

Pour finir sur des notes positives : j'ai aimé le côté vintage et le fait que deux protagonistes soient libraires. A part ça, je me suis copieusement barbée.

Les autres lecteurs sur Babelio sont enthousiastes, sauf Promenonsnousdansleslivres qui a abandonné à mi-parcours - je t'ai enviée d'avoir eu ce courage, tu sais !  

agenda 6 au 9 mai

Merci à Babelio et aux éditions Mosaïc.

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lundi 9 mai 2016

~ Les maraudeurs, Tom Cooper

les maraudeurs

tomc

The Marauders, 2015
traduit de l'américain par Pierre Demarty
Albin Michel, 4 mai 2016, 402 p.

lu par Mr

♥♥♥♥

Au port de Jeanette, en Louisiane, l'ouragan Katrina a fait des victimes et de gros dégâts matériels. Une marée noire achève de ruiner les pêcheurs. La compagnie pétrolière BP profite de leur désarroi pour qu'ils renoncent à toute réclamation en échange d'un montant dérisoire au regard des préjudices causés. 
Ce sont les destins de quelques habitants de cette petite ville que nous raconte ce roman. Dans l'attente de pouvoir pêcher à son compte, le jeune Wes Trench travaille sur le bateau de son père, mais la cohabitation entre eux est difficile. Gus Linquist, lui, n'est pas seulement pêcheur : depuis longtemps il cherche un trésor que le flibustier Jean Lafitte aurait caché. Les jumeaux Toup quant à eux cultivent de la marijuana dans un lieu isolé des marécages. Les deux frères protègent cet endroit, parfois violemment. Linquist qui semble ne pas vouloir renoncer à sa quête, risque d'en faire les frais, comme tous ceux qui s'approcheraient trop près du jardin secret des frères Toup.

Les Maraudeurs est un roman social noir. Sa lecture n'est cependant jamais pesante, même si l'on ressent une inquiétude croissante pour les protagonistes les plus attachants. Quelques uns, hauts en couleur, confèrent en effet parfois de la légèreté au récit. A travers ses personnages et leurs aventures, Cooper dresse un portrait sans concession d'une partie des Etats-Unis d'Amérique : l'espoir d'une vie meilleure semble impossible à une partie de la population, la police est parfois corrompue, le cynisme des grandes compagnies pétrolière prend valeur de loi.
J'ai parfois eu une impression de « déjà lu », non parce que le roman manque d'intérêt mais parce qu'il s'inscrit dans la veine de quelques auteurs américains dont il partage des thématiques ou caractéristiques stylistiques, et que j'avais aussi appréciés (Wisconsin de Mary R. Ellies, Une vie inachevée de Mark Spragg, notamment).

• Merci à Aurore et aux éditions Albin Michel !

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dimanche 8 mai 2016

~ Pas de vraies vacances pour Georges, Christian Oster

pas de vraies

L'Ecole des Loisirs, collection Mouche, 2000, 55 p.

♥♥♥♠♠ 

Chez Christian Oster, les animaux papotent et fument le cigare ; les oiseaux migrateurs emportent « un quart Vittel format cycliste » pour la soif, et voyagent avec une valise... Tiens, à propos, pourquoi celle de Georges le corbeau est-elle si grande et si lourde ? Que contient-elle ? Certainement pas de la nourriture, Georges lorgne sur les en-cas de ses compagnons de route. Ni des vêtements chauds, ça serait idiot, il part vers le sud.

Comme dans ses autres romans 'jeunesse', Christian Oster m'a surprise et amusée dès les premières lignes. Je me suis laissée balader avec délice, en prenant bien garde cette fois de ne pas feuilleter les pages à l'avance pour ne pas avoir d'indices sur la suite avec les dessins. 
Mais j'ai vite été déçue. Une fois le mystère du contenu de la valise dévoilé, il ne se passe plus grand chose. On a juste une aventure gentillette avec quelques animaux de la savane. Il manque l'humour, les surprises et les allures de contes qui m'ont tant plu dans Le Géant et le GigotLe Cochon en panne et Le Chevalier qui cherchait ses chaussettes.

Reste une fable intéressante sur le couple et/ou l'amitié et les compromis qu'ils requièrent...

agenda 7 mai - emprunt mdtk

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samedi 7 mai 2016

~ Les racines du sang, Natacha Calestrémé

les racinesAlbin Michel, 4 mai 2016, 330 p.

♥♥♥♠♠

« I see deaaaad peooooople ! »
Souvenez-vous de ce petit garçon* effrayé et bouleversant, les genoux repliés sous une couverture dans le film 'Sixième sens' (M. Night Shyamalan, 2000)...
Ici aussi, on a des enfants qui entendent des voix de l'au-delà. Mais ce n'est pas pour cette raison que j'ai choisi ce livre, je fuis le fantastique dans les romans policiers. C'est plutôt la promesse du « scandale sanitaire mondial » qui m'a harponnée.

J'ai été déçue, puisque j'avais en tête les excellents ouvrages La quatrième plaie (Patrick Bard) et La constance du jardinier (John le Carré) - intrigues riches et documentées sur les magouilles des laboratoires pharmaceutiques, notamment en Afrique.
Ce thriller m'a semblé beaucoup plus léger et convenu, avec des flics déjà rencontrés ailleurs (le macho qui foire sa vie sentimentale et a des comptes à régler avec son passé, le jeune associé prometteur, le tire-au-flanc sans scrupules, etc.).
J'ai apprécié le passage au Burkina Faso, trop court hélas : j'aurais aimé en apprendre davantage sur le pays, sur le virus Ebola...

Le genre de thriller mou et sans surprise qui ne me convient pas (notamment à cause du côté fantastique), mais qui devrait faire quelques heureux autour de moi...

* brillamment interprété par Haley Joel Osment

Merci à Aurore et aux éditions Albin Michel.

agenda 3 au 5 mai

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vendredi 6 mai 2016

~ Nos jours heureux, Gong Ji-young

nos jours heureux

gong

Urideurui haengbokan sigan
traduit du coréen par Choi Kyungran et Isabelle Boudon
Editions Philippe Picquier, 2014
2016 pour l'édition poche, 357 p.

♥♥♥

Corée du sud, 1996.
Yujeong et Yunsu ont envie de mourir.
Yujeong, parce qu'elle est dépressive ; elle vient de faire sa troisième tentative de suicide.
Yunsu, parce qu'il est dans les couloirs de la mort, alors autant en finir, vite. D'autant que le système sud-coréen est particulièrement pervers : les condamnés ne connaissent pas à l'avance la date de leur exécution.

Yujeong et Yunsu se rencontrent, par l'intermédiaire de la tante religieuse de Yujeong, visiteuse de prison. A la prison de Séoul, les condamnés à mort sont obligatoirement suivis par un conseiller religieux - ils ont le choix entre bouddhisme, protestantisme et catholicisme.

Yujeong et Yunsu ont à peu près le même âge, une trentaine d'années, ils ont vécu jusqu'alors dans des univers totalement opposés. Elle dans un milieu d'intellectuels nantis, dotés "de belles situations" ; lui dans la misère, sous les coups d'un père alcoolique et puis il a dû survivre à l'orphelinat, dans la rue et protéger son petit frère de la violence des caïds.

J'attendais beaucoup de cet ouvrage, l'idée de confronter une personne suicidaire et un condamné à mort est intéressante. Je suis déçue. Les propos sur la peine de mort m'ont semblé superficiels ; j'ai lu d'autres ouvrages, vu des films qui m'ont davantage bousculée et fait cogiter sur la question (pour, contre, oui mais...). Cela dit, il faut placer les réflexions de l'auteur dans leur contexte, ce genre de propos est probablement audacieux en Corée du Sud au début des années 2000 (lieu et période de la publication originale). 
L'aspect religieux m'a dérangée également, j'y ai vu une démarche prosélyte. Je ne suis pas certaine que ce soit l'intention de l'auteur, mais les références appuyées à l'amour de Jésus ont tendance à me faire décrocher. 
J'ai trouvé les courts extraits du cahier de Yunsu bouleversants, en revanche les états d'âme de Yujeong m'ont trop souvent agacée. Sa souffrance est palpable, mais le côté vilain petit canard immature, bof... 
Dernier reproche personnel : j'adopte difficilement le rythme et le ton de la littérature asiatique...

Lecture décevante, qui m'a peut-être trop rappelé La dernière marche (film de Tim Robbins, 1995, adapté du témoignage de Sœur Helen Prejean), que j'ai préféré.
Je suis désolée de m'être ennuyée en lisant cet ouvrage, dont je conseille quand même la découverte. Fiez-vous aux autres avis sur Babelio !

agenda 29 avril au 3 mai

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jeudi 5 mai 2016

☼ Printemps...

☼  à l'ombre des plantes en fleur  ☼

ombre

☼  tête en l'air  ☼

en l'air
 - ravissante étreinte (naturelle) entre la clématite du voisin et notre saule tortueux -

 ☼  on dirait le sud  ☼

terrasse

Bon long WE printanier à tous les veinards qui ne travaillent pas
(et qui peuvent choisir leurs jours de congés) !

travail jours fériés

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mercredi 4 mai 2016

# Colocation, Soan (clip officiel)

Soan - Retourné Vivre

Sortie du 4e album 'Retourné vivre' le vendredi 6 mai.

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mardi 3 mai 2016

~ L'art de la marche, Olivier Bleys

l'art de la marche

Albin Michel, 4 mai 2016, 230 p.

obleyslu par Mr

♥♥♥♥ 

L'auteur, âgé d'une quarantaine d'années, a décidé d'accomplir un tour du monde à pied. Des contraintes matérielles lui imposent de découper ce voyage en plusieurs tronçons espacés de quelques mois. Chacune de ses étapes commence où s'est arrêtée la précédente.

Dans un style limpide et très agréable, Olivier Bleys décrit ses marches et explique ce qui le motive. Les questions d'intendance occupent une place importante dans ce récit (où manger, où dormir, quel itinéraire emprunter ?) mais ne le rendent jamais inintéressant. Ce sont en effet des préoccupations primordiales du nomade. L'auteur décrit également ses ressentis et commente les zones qu'il traverse et les personnes qu'il croise. A la différence de Bernard Ollivier (auteur de 'Longue Marche. A pied de la méditerranée jusqu'en Chine par le Route de la Soie') - qu'il cite d'ailleurs parmi ses références - Olivier Bleys ne se présente pas comme un héros et nous fait part des ses erreurs (dans le choix de ses équipements et de ses trajets, par exemple). Il se décrit comme un simple adepte de la marche à pied mû par une idée fixe…

J'ai beaucoup aimé ce récit. Je l'ai lu presque d'une traite, et il m'a donné envie d'endosser un sac, d'enfiler des chaussures de marche puis des kilomètres... 
Dans les récits contemporains de randonnées pédestres, celui de Bill Bryson dans les Appalaches (Promenons nous dans les bois) reste de loin mon préféré, parce que l'auteur y ajoute une bonne dose d'humour qui manque un peu dans le livre d'Olivier Bleys.

Merci à Aurore et aux éditions Albin Michel.

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lundi 2 mai 2016

~ Le Géant et le gigot, Christian Oster

le géant et le gigot

L'Ecole des Loisirs, Mouche, 13 octobre 2011, 54 p.

♥♥♥♥♠ 

Dura lex, sed lex. Dans cette forêt où vit la fée Fionelle, on n'a le droit de manger que des aliments (végétaux ou animaux, peu importe) qui portent la même initiale que soi. Ainsi, le Géant se voit cantonné au régime gigot-gibier-gâteau. Il en a marre, d'autant qu'il n'aime pas les gâteaux, à part la génoise, et qu'il n'y a pas de girafe dans cette forêt pour élargir la carte. J'entends bien tes revendications, répond en substance la fée, mais si tu veux changer de régime, tu dois changer d'initiale, et donc d'apparence, et ta nouvelle forme doit être à l'opposé de ce que tu es à présent - pfff, quand on vous dit que la loi est dure, complexe... Va pour un Lutin ! Mais attention, parce que cette règle s'applique à tous, alors vos proies peuvent aussi être vos prédateurs...

Même constat qu'après avoir lu Le chevalier qui cherchait ses chaussettes et Le cochon en panne, autres romans jeunesse de ce brillant auteur : sens de l'accroche, on ne voit pas où C. Oster va nous balader mais on a illico envie de le suivre non-stop, dès les premiers mots, parce que c'est drôle, imaginatif, décalé, vif, que ça part dans tous les sens tout en restant cohérent, et que cet humour-là ne prend pas les jeunes lecteurs pour des idiots (logique, langage soutenu, jeux de mots amusants). L'auteur arrive même à évoquer mine de rien les vertus d'une alimentation variée.

Christian Oster a publié une trentaine de romans/contes loufoques dans cette collection 'Mouche' de l'Ecole des Loisirs. Voilà une excellente nouvelle, d'autant que certains titres me semblent particulièrement alléchants : Les trois vaillants petits déchets, Le chêne, la vache et le bûcheron, Le cochon qui voulait bronzer, L'éléphant caché, etc.

agenda 1er mai - emprunt mdtk

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